Archéologiques no. 33 (2020)

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Description

Louis-Vincent Laperrière-Désorcy. « L’île Saint-Bernard au XVIIe siècle et la traite des fourrures », p. 1-27.

Cet article présente l’analyse zooarchéologique de la collection faunique du site BiFk-5, un site de l’île Saint-Bernard à Châteauguay. L’étude se concentre sur les contextes archéologiques d’occupation du XVIIe siècle, associés historiquement à des activités de traite. L’analyse de 3 914 restes squelettiques mammaliens et l’étude des traces de découpe témoignent d’une exploitation faunique très diversifiée et axée sur l’exploitation de taxons sauvages. L’identification de multiples taxons à fourrure dans la collection et la présence de traces de découpe diagnostiques attestent de pratiques régulières d’obtention de fourrures animales sur le site. La comparaison de l’assemblage de l’île Saint-Bernard à ceux issus de contextes similaires permet de constater la contribution importante des espèces sauvages aux pratiques alimentaires carnées des occupants de sites à vocation de traite et de reconnaître une signature zooarchéologique caractéristique de ces lieux.

This article discusses a zooarchaeological analysis of a faunal assemblage from site BiFk-5, located on Île Saint-Bernard in Châteauguay. The study focused on archaeological occupation contexts from the 17th century that were historically associated with trading activities. The analysis of some 3 914 mammaliam skeletal remains, coupled with the study of traces of butchering, testified to the exploitation of a wide range of fauna focused on wild taxa. The identification of numerous fur- bearing taxa in the collection, along with the presence of diagnostic butchery marks bears witness to the regular capture of fur-bearing animals by the site’s occupants. A comparison of the Île Saint- Bernard assemblage with those from similar contexts elsewhere demonstrates the major contribution of wild species to the meat-eating practices of trading site occupants. It also reveals the zooarchaeological signature that characterizes such sites.

Manek Kolhatkar, Luis Trudel-Lopez, Antoine Loyer Rousselle, Mélanie J. Gervais et Jennifer Gagné. « Le CNTAQ, 2017-2019 : bilan de trois années de normalisation de la pratique archéologique québécoise et perspectives futures », P. 28-46.

Les travaux menés par le Centre de normalisation du travail en archéologie québécoise (CNTAQ) ont permis de mieux comprendre, connaître et expliciter les conditions de travail des archéologues professionnels contractuels québécois. Une logique néolibérale soumet la profession à une régulation inadéquate et, conséquemment, à une forte précarité. Cet article revient sur les démarches réalisées et sur le contrat type, outil proposé pour réduire la précarité et normaliser les conditions de travail à l’échelle du Québec. Ces travaux mettent en lumière la nécessité pour les acteurs de l’archéologie contractuelle de travailler ensemble, car c’est à l’échelle de la profession et non des individus ou des entreprises isolés qu’une normalisation doit s’implanter et se maintenir.

Thanks to the efforts of the Centre de normalisation du travail en archéologie québécoise (CNTAQ), it is now possible to better understand, describe and explain the working conditions of Québec’s professional contract archaeologists. Neoliberal logic has subjected the profession to inadequate regulation and the very precarious situation that this entails. The aim of this article is to discuss the steps taken thus far to address this situation. For example, it looks at the concept of a model contract, a tool that has been proposed to make working conditions in contract archaeology less precarious and to standardize them across Québec. The initiatives taken to date highlight the need for the various players in contract archeology to work together, for it is at the level of the profession itself, rather than individuals or the odd company, to implement and maintain such standardization.

Agnès Gelé. « L’étude des sites ruraux montréalais de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle : l’exemple de la grange-étable du poste Saint-Jean (BjFk-10) », p. 47-80.

Une étude d’impact environnemental a précédé les travaux de réfection du poste électrique Saint- Jean (Dollard-des-Ormeaux) et a mené à la réalisation d’interventions archéologiques. Des ressources archéologiques liées à une grange-étable en usage à la fin du XIXe siècle et au cours de la première moitié du XXe siècle ont été mises au jour lors de ces interventions. Les éléments identifiés posent la question de l’étude des ressources archéologiques associées à des phases d’occupation de l’extrême fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle lors de l’étude de sites ruraux pluriséculaires. Un cadre théorique pour l’étude des sites ruraux comprenant des composantes de la fin du XIXe et du XXe siècle a dû être défini et les écueils posés par la patrimonialisation du cadre bâti rural mis en évidence. Enfin, il s’est agi de présenter les ressources archéologiques mises au jour et de les contextualiser.

The rehabilitation of the Saint-Jean electrical substation (Dollard-des-Ormeaux) involved an archaeological impact assessment (stages 1 to 4). Some cultural heritage resources identified as a farmstead barn were discovered during the archaeological fieldwork. This barn was in operation from the end of the 19th century to the middle of the 20th century. This discovery calls into question the knowledge currently contained in the archaeological record regarding Montreal’s farm complexes from the 19th century and the first half of the 20th century. Rural historical farmsteads display many differences at the local level, especially those that were in operation for centuries. In order to study late 19th and 20th century rural historical farmsteads, it is necessary to design a specific theoretical framework and to question the heritagization process. This article describes and contextualizes the archaeological resources identified at the Poste Saint-Jean archaeological site.

Diane Martin-Moya, Alexandre Bisson-Larrivée, Julien Riel-Salvatore, Fabio Negrino, Manek Kolhatkar, Catherine Brun, Jean-Baptiste Lemoine, Benjamin Albouy, Yassmine Ghalem, Anthony Rochon et Isabelle Ribot. Note de recherche. « Apports de la documentation 3D par photogrammétrie pour l’archéologie et la bioarchéologie au Québec en contextes académique et contractuel », 81-98.

Le recours aux techniques de l’imagerie 3D est devenu presque incontournable en bioarchéologie et archéologie depuis ces dernières années grâce à la réduction des coûts de l’équipement et l’optimisation tion des techniques et technologies devenues de plus en plus abordables et accessibles. Pourtant cette pratique reste encore très marginale au Québec, et à ce jour il n’existe pas de recherches appliquées en documentation 3D. Ici, plusieurs projets développés en contexte académique et contractuel touchant un large spectre d’études de cas ciblées sont présentés et mis en application pour répondre à des problématiques propres à la recherche en archéologie et bioarchéologie à travers une documen­tation exclusivement 3D utilisant la photogrammétrie couplée à des analyses en morphométrie géométrique 3D et SIG. Cette note de recherche souligne la variété de recherches, d’analyses spécialisées, de possibilité de conservation et de diffusion grâce à l’enregistrement systématique de documents 3D appliqué à la recherche archéologique et bioarchéologique au Québec.

The use of 3D imaging techniques has become almost unavoidable in archaeology and bioarchaeology in recent years thanks to reduced equipment costs and the optimization of techniques and technologies that are now increasingly accessible and affordable. That being said, 3D imaging is still very marginal in Québec, and applied research on 3D documentation is still non-existent. This article describes several projects concerning a wide range of targeted case studies developed in academic and contractual settings, as well as the application of these projects, in order to address issues related specifically to research in archaeology and bioarchaeology that use only 3D photogrammetry documentation combined with 3D and GIS geometric morphometry. This research highlights the wide variety of research initiatives, specialized analyses, and conservation and dissemination opportunities that are arising from systematic recording of 3D documents applied to archaeological and bioarchaeological research in Québec.

Ghislain Gagnon. Note de recherche. « Nouvelle hypothèse sur la localisation du fort des Hurons à l’île d’Orléans », p. 99-116.

En 1651, après des années de guerre avec les Iroquois, un groupe de Hurons-Wendat ayant quitté la région de la baie Georgienne, s’installe à l’île d’Orléans, où d’autres viendront les rejoindre pour y vivre pendant quelques années. Depuis le XIXe siècle, l’emplacement de ce site, souvent nommé le « fort des Hurons », a fait l’objet de nombreuses hypothèses, qui n’ont toutefois pas permis sa localisation formelle. Récemment, il est apparu possible d’établir un lien entre une anomalie observable par imagerie aérienne et ce site illustré sur des cartes du Régime français. Une analyse des principales études et sources d’archives portant sur le sujet, ainsi que de données topographique et photographiques plus récentes, a conduit à une nouvelle hypothèse. La démarche suivie met en évidence le peu de connaissances sur cette occupation et permet de suggérer des perspectives de recherche sur l’emplacement de ce fort.

In 1651, after years of war with the Iroquois, a group of Huron-Wendat settled on Île d’Orléans after leaving the Georgian Bay region. Others eventually joined them on the island and lived there for a few years. Since the 19th century, many hypotheses have been proposed about the location of this site, often called the “fort des Hurons”. However, none of them have made it possible to actually locate the site. Recently, a link was drawn between an anomaly revealed by aerial imagery and depictions of this site on French regime maps. An analysis of the main studies and archival sources on this subject, coupled with the study of more recent topographic and photographic data, has led to a new hypothesis. It has also highlighted the limited amount of data available on this occupation and made it possible to suggest new avenues of research on the location of this fort.

Jacques Chabot, Marie-Michelle Dionne, Sara Shahsavarani et Xavier Maldague. Note de recherche. « Vers une tracéologie 2.0, le projet TONUS_PC : bilan de la phase 1 et poursuite des travaux », p. 117-127.

En tracéologie, les comparaisons avec des référentiels expérimentaux sont indispensables afin de « lire » les traces et diagnostiquer la fonction d’un outil en pierre. Cependant, la constitution de tels référentiels exige beaucoup d’efforts et de temps, ce qui rend la reproduction de traces correspondant à l’utilisation d’un outil sur plusieurs années pratiquement irréalisable. Grâce aux développements récents en intelligence artificielle, il est à présent possible de prévoir certains comportements ou altérations subtiles de matériaux archéologiques et d’extrapoler le développement des traces au-delà des expérimentations. Fruit d’une collaboration originale entre ingénieurs et archéologues (équipes de Maldague et Chabot), la création d’un tout nouvel outil permettra de prédire l’évolution des traces sur les artefacts en partant du matériel expérimental et de la compréhension de la dynamique de l’usure de la matière étudiée : TONUS_PC (Tracéologie prédictive, Outil Numérique de Simulation pour la Prédiction et Comparaison de traces sur des artefacts préhistoriques en pierre taillée).

When performing use-wear analysis, comparisons with experimental referentials are essential in order to “read” traces and to diagnose the function of a stone tool. However, the creation of such referentials requires a great deal of effort and time, making the reproduction of traces corresponding to the use of a tool over several years practically impossible. Thanks to recent developments in artificial intelligence, it is now possible to predict certain subtle behaviors or alterations of archeological artifacts and to extrapolate the development of traces beyond experimentation. The creation of this brand new analytical tool is the result of an original collaboration between engineers and archaeologists (teams of Maldague and Chabot), which will make it possible to predict the evolution of traces on artifacts, starting from experimental material and an understanding of the dynamics of wear of the raw material studied: TONUS_PC.

Pierre Desrosiers. Note de recherche. « Le patrimoine archéologique des parcs nationaux du Québec », p. 128-142.

La visite pendant l’été 2019 de plusieurs parcs nationaux gérés par la Société des établissements de plein-air du Québec (Sépaq) permet de constater que la protection et la mise en valeur du patrimoine archéologique varient considérablement d’un parc à l’autre. Cette note de recherche dresse le portrait de la situation actuelle tant du point de vue de la gestion de ce patrimoine culturel que sur celui des connaissances accumulées jusqu’à présent dans les parcs du sud du Québec. Il en ressort un manque d’encadrement et de synergie de la part du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), de la Sépaq et du ministère de la Culture et des Communications (MCC). Cette situation ne facilite pas la prise en compte du patrimoine archéologique lors des aménage­ments dans les parcs, ni son intégration dans leur développement récréotouristique.

A visit in summer 2019 of several national parks managed by the Société des établissements de plein-air du Québec (Sépaq) revealed that the protection and development of the parks’ archaeol­ ogical heritage varies considerably from one park to the other. This research note provides a portrait of the current situation, not only from the viewpoint of cultural heritage management, but also from that of the knowledge accumulated thus far in parks in southern Québec. It highlights a lack of oversight and synergy on the part of the ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Sépaq and the ministère de la Culture et des Communications (MCC). On account of this situation, it is not very easy to take archaeological heritage into account when park facilities are laid out or to incorporate it into park initiatives to develop recreation and tourism.

Marie-Claude Brien. Note de recherche. « Le potentiel archéologique de Sorel-Tracy : l’exemple du patrimoine archéologique militaire sous l’église Christ Church », p. 143-160.

En 2017, un inventaire archéologique très ciblé était réalisé dans le sous-sol de l’église Christ Church en amont des travaux de consolidation du plancher de cet immeuble patrimonial classé. Cette intervention a mené à la découverte de vestiges et d’artefacts associés aux baraquements militaires britanniques (ca 1775-1790) et à la reconnaissance du site archéologique de l’église Christ Church (CaFg-10). Malgré la faible superficie investiguée, ce site ouvre une fenêtre sur le patrimoine archéologique militaire de Sorel-Tracy et confère un potentiel archéologique très élevé aux terrains adjacents à l’église. Il démontre encore une fois la richesse archéologique du Vieux-Sorel et la nécessité d’étudier et de valoriser le patrimoine archéologique de cette municipalité.

A very targeted archaeological survey was carried out in the basement of Christ Church in 2017, prior to consolidation work on the floor of this classified heritage building. The survey uncovered structural remains and artifacts associated with British military barracks (ca. 1775-1790), and led to the recognition of Christ Church as an archaeological site (CaFg-10). Even though the area investigated during the survey was small, it opened a window onto the military archaeological heritage of Sorel-Tracy and revealed the very high archaeological potential of the land next to the church. It underscored once again the wealth of archaeological resources in Old Sorel and the need to study and enhance the archaeological heritage of this municipality.

Manek Kolhatkar. « Commentaires sur “L’acquisition des données en archéologie québécoise et leur présentation dans les rapports d’intervention” », p. 161-164.
Simon Santerre. « En réponse au commentaire de Manek Kolhatkar », p. 165-167.
Christian Gates St-Pierre. « Entrevue croisée avec Jean-Luc Pilon et Gilles Samson », p. 168-183.