Archéologiques 31, 2018

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Archéologiques 31, 2018

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8 en inventaire

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Description

Archéologiques 31, 2018

 

Le site Fortier ou BkEu-3: un deuxième site du Paléoindien récent à Weedon

Claude Chapdelaine etÉric Graillon

La confluence des rivières Saint-François et au Saumon a attiré très tôt les premiers chercheurs qui parcouraient l’Estrie au début des années 1960. Les indices archéologiques les plus convaincants ont été trouvés au site BkEu-3 par des récoltes de surface dans les champs labourés et de rares sondages. La terrasse la plus haute du site a été associée à une occupation de l’Archaïque en se fiant sur la découverte d’une gouge à gorge complète, d’une ébauche de hache et de quelques pointes à pédoncule ou à encoches latérales. Un nouvel examen de l’outillage permet d’associer certains outils à une occupation du Paléoindien récent. L’objectif de cet article est de présenter ces objets et de les comparer avec des spécimens d’autres sites de l’Estrie dans le but d’appuyer notre identification et de discuter des implications chronologiques et adaptatives du quatrième site de cette période en Estrie.

Researchers working in the Estrie region in the early 1960s were soon drawn to the confluence of the Saint-François and Saumon rivers. Very convincing archaeological evidence had been found on site BkEu-3 during surface collection work in ploughed fields and while excavating a few test pits. The highest terrace on the site had been associated with an Archaic occupation, based on the discovery of a full channel gouge, an axe preform and a few stemmed or side-notched projectile points. The site’s tools have been re-examined, and some have been associated with a Late Paleodindian occupation. The goal of this article is to describe the objects in question and to compare them with specimens from other sites in the Estrie region in order to find evidence in support of our conclusions and to discuss the chronological and adaptive implications of the presence of a fourth Late Paleo­indian site in Estrie.

 

Les marchands-voyageurs: une communauté en mouvement

Amélie Allard

À la fin du xviiie siècle, les marchands de fourrures Euro-Canadiens empruntent les voies navigables et traversent les territoires autochtones de la région occidentale des Grands Lacs afin de commercer avec les occupants. À travers les données recueillies sur le site archéologique de Réaume’s Leaf River Post, un poste de traite au Minnesota, cet article examine la façon dont certaines pratiques quotidiennes, surtout celles liées à l’architecture et à l’organisation de l’espace, permettent la création d’une identité collective liée au métier de marchand-voyageur. Cette communauté se façonne par le partage des connaissances et d’un mode de vie mobile. Finalement, ces pratiques reflètent certaines tensions entre les idéaux coloniaux de l’époque, en particulier le déploiement du statut social, un souci de se différentier des Autochtones et la nécessité (et l’attrait) d’un mode de vie non-sédentaire pour les marchands-voyageurs.

In the late 18th century, Euro-Canadian fur traders used navigable waterways to cross Aboriginal territories in the western part of the Great Lakes region and trade with the people who lived there. This article uses archaeological data from Réaume’s Leaf River Post, a trading post site in Minnesota, to look at how certain day-to-day practices, especially those related to architecture and spatial organization, helped to create a collective identity tied to the occupation of traveler-trader. The traveler-trader community was shaped by knowledge sharing and a mobile way of life. At the end of the day, these practices reflect certain tensions between colonial ideals of the period that were linked, in particular, to the display of social status, a desire on the part of traveler-traders to differentiate themselves from Aboriginal people, and the fact that traveller-traders were obliged to adopt (and were drawn to) a non-sedentary way of life.

 

Fort Péninsule, Parc national Forillon: exploration archéologique d’une batterie côtière de la Seconde Guerre mondiale dans la baie de Gaspé

Martin Perron

Témoin de l’effort de guerre des Forces armées canadiennes lors de la Seconde Guerre mondiale, la batterie côtière de Fort Péninsule représente l’un des ouvrages de génie militaire les plus distinctifs encore en place et visitables au Québec. À l’été de 2016, Parcs Canada a orchestré un projet de réfection de la batterie pour pallier les problèmes structuraux causés par les intempéries et le passage du temps dans le but de rendre le site sécuritaire et de nouveau accessible aux visiteurs. Cette contribution dresse le bilan d’une intervention archéologique menée en amont des travaux et dont l’issue a permis de recueillir des informations inédites en lien avec l’environnement et l’architecture de la batterie et avec quatre grandes phases d’aménagement se rapportant à sa construction, son occupation et son abandon par l’armée, puis à sa mise en valeur par Parcs Canada.

The Fort Peninsula Coastal Battery represents one of the most significant engineering works witnessing the Canadian war effort during the Second World War still standing and accessible to tourists in Québec. In the summer of 2016, Parks Canada orchestrated the recapitalization of the main bunker to address structural problems caused by weather and the passage of time, and to provide secure visitor access. This article focuses on an archeological investigation carried out before the commencement of the recapitalization work which enabled the gathering of valuable information on the topography and the architecture of the battery as well as four major phases related to its construction, occupation and abandonment by the Canadian Army and its rehabilitation by Parks Canada.

 

Réflexivité, défis et apprentissages de l’archéologie publique au site archéologique de la Maison Nivard-De Saint-Dizier à Montréal

Jennifer Bracewell

Au cours des étés 2016 et 2017, l’Université McGill a mené un projet d’archéologie publique au site du musée Maison Nivard-de Saint-Dizier, à Verdun, un arrondissement du Sud-Ouest de Montréal. Les vestiges archéologiques éparpillés autour du musée et dans le parc Georges-O’Reilly représentent le plus grand site préhistorique sur l’île de Montréal. De plus, le site comprend aussi un élément historique important. Situé dans un parc public, ce site de fouille était ouvert aux citoyens et un programme de sensibilisation du public a été intégré pour expliquer nos activités de recherche. Cet article est une réflexion sur ces activités menées par la chargée de projet. Ses expériences vécues sont examinées à la lumière de certaines constructions théoriques tirées de la littérature académique sur l’archéologie publique.

In the summers of 2016 and 2017, McGill University undertook a public archaeology project at the site of the Maison Nivard-de Saint-Dizier museum in the borough of Verdun, in the South-West of Montreal. The archaeological material distributed around the museum and Georges-O’Reilly park forms the largest prehistoric site on the island of Montreal. In addition, many artifacts and structures dating to the historical period have been identified. This excavation site was situated in a public park, and was open to visitors. A public outreach program was offered to clarify the research process. In this article, authored by the project leader, the execution of this outreach program is considered in light of certain theoretical concepts from the academic literature on public archaeology.

 

Note de recherche
Michael Murphy: pipier ou fabricant de pipes à fumer à Montréal?

Christian Roy

Hormis ses plus importants manufacturiers, les Henderson, Bannerman et Dixon, l’industrie de la pipe de terre montréalaise comptait également quelques petits fabricants peu connus, pour la plupart des artisans ayant tenté leur chance en affaires. Cette note de recherche présente l’un d’entre eux, Michael Murphy, un pipier irlandais installé dans le faubourg Sainte-Marie entre les années 1859 et 1886. Bien que plutôt rares dans les assemblages archéologiques, ses produits ont néanmoins été retrouvés jusqu’en Alberta et viennent confirmer son statut de fabricant de pipes à fumer.

In addition to the major manufacturers, Henderson, Bannerman and Dixon, Montréal’s clay pipe-making industry included several small, little-known pipe makers, most of whom were craftsmen who had decided to try their luck in business. This research note discusses one such craftsman, Michael Murphy, an Irish pipe maker who had set up shop in the Sainte-Marie district of Montréal between 1859 and 1886. Although his products are quite rare in archaeological assemblages, they have been found as far away as Alberta, confirming Murphy’s status as a pipe manufacturer. 

 

Note de recherche
Une triviale quête de sens à propos d’un rond de cuivre

Martin Royer

Des fouilles archéologiques ont été réalisées en 2015 aux abords de la maison Maillou à Québec. Un disque en métal cuivreux portant des motifs obscènes a alors été découvert. Pour tenter de comprendre la signification de ces motifs, il a fallu les photographier, les retracer et les comparer à des images anciennes, puis les photographier à nouveau avec des méthodes particulières.

Archaeological excavations were conducted next to the Maillou House in Québec City in 2015. A disc made of coppery metal decorated with obscene motifs was found during the fieldwork. In an effort to discover their meaning, the motifs were photographed, traced, compared with other old images and then photographed again using special techniques. 

 

Note de recherche
Au cœur de l’archéologie publique
: portrait d’un domaine de recherche en expansion

Laurence G. Bolduc

L’apparition de l’archéologie publique fait écho au grand besoin de décolonisation de la pratique archéologique et d’intégration des communautés à la recherche. Pour cela, il est important de dissocier l’archéologie publique de son ancienne étiquette d’activités de diffusion afin d’être considérée comme un véritable domaine de recherche possédant ses propres structures théoriques et méthodologiques. Cet article offre une vision d’ensemble de l’archéologie publique en retraçant son contexte d’émergence et en exposant son large spectre d’approches (archéologie autochtone, archéologie communautaire, archéologie engagée, etc.), qui s’articulent autour de principes communs, telles la décolonisation, la multivocalité, la participation et la réciprocité. Le présent article se veut donc une synthèse théorique à l’attention des archéologues désirant s’y retrouver dans ce paysage multiple qu’est l’archéologie publique.

The emergence of public archaeology reflects a definite need to decolonize the practice of archaeology and to involve communities in research. For this purpose, it is important to dissociate public archaeology from its old label of “outreach activity” so that it can be considered an area of research in its own right, with its own theoretical and methodological structures. This article presents an overview of public archaeology as a whole by describing the context in which it emerged as well as its wide range of approaches (Indigenous archaeology, community archaeology, engaged archaeology, etc.), all of which are based on common principles such as decolonization, multivocality, participa­tion and reciprocity. It thus aims to provide a theoretical summary of public archaeology for archaeologists who would like to find their way around this multifaceted field of research. 

 

Note de recherche
Standardisation des fiches numériques pour inventaire ostéologique

Eléa Gutierrez

L’inventaire d’une collection ostéologique est une étape essentielle. Il permet d’obtenir une idée globale de la conservation des squelettes et ainsi d’évaluer le potentiel exploitable pour des études ultérieures. Le support papier est généralement privilégié, mais il reste non standardisé, moins précis et nécessite un travail supplémentaire de numérisation. Notre objectif est de proposer une méthode qui résout ces difficultés. Grâce au logiciel de retouche d’images GIMP, des inventaires ostéologiques numériques ont été réalisés. Un tutoriel d’une vingtaine d’étapes et facile à appliquer a été créé pour les futurs utilisateurs. Il permet de réaliser des inventaires ostéologiques virtuels en deux dimensions qui sont faciles à partager. Les grandes lignes de ce protocole seront présentées ici afin de concrétiser cette nouvelle approche.

Inventories of osteological collections are essential, for they provide a general idea of the state of preservation of skeletons and thus enable their future research potential to be assessed. However, since these inventories are usually done on paper, they are not standardized, contain certain inaccuracies and require additional digitization work. The objective of this article is to propose a method that will resolve these problems. Digital osteological inventories can be prepared with GIMP, an image manipulation program. A user-friendly tutorial with about 20 steps has been developed to help future GIMP users prepare virtual, 2D osteological inventories that can be readily shared. This article presents the broad outlines of this new method with a view to its implementation. 

 

Note de recherche
Méthodes bioarchéologiques appliquées à la fouille de vestiges zooarchéologiques: résultats d’une collecte expérimentale

Louis-Vincent Laperrière-Désorcy

Les techniques d’enregistrement des vestiges zooarchéologiques sur le terrain gagneraient en précision en adoptant des méthodes de fouilles issues de la bioarchéologie afin de permettre des interprétations plus justes des écofacts osseux. La réalisation d’une fouille expérimentale d’un dépotoir contemporain d’ossements animaux, en utilisant des méthodes bioarchéologiques d’enregistrement in situ, a permis d’obtenir de nombreuses données pertinentes et complémentaires aux analyses et interprétations zooarchéologiques conventionnelles. Ces enregistrements additionnels permirent d’aborder plusieurs autres sujets de recherche en zooarchéologie, tels que l’évolution de la zone de dépotoir, le traitement différentiel des carcasses animales, la reconnaissance et l’étude d’individus in situ, ainsi que la détermination de la fonction de certains taxons au sein d’un même assemblage.

Techniques for recording zooarchaeological remains in the field would be more accurate if bioarchaeological excavation methods were used, since these methods lead to more accurate interpretations of bone ecofacts. An experimental excavation of a modern-day animal-bone refuse disposal area using bioarchaeological recording techniques in situyielded a great deal of relevant data that supplemented conventional zooarchaeological analyses and interpretations. The additional data made it possible to study several other zooarchaeological questions, such as the evolution of the refuse disposal area, the differential treatment of the animal carcasses, the in situidentification and study of individual animals, and the function of certain taxons within the same assemblage.