Archéologiques 22, 2009

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Archéologiques 22, 2009

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Description

Tables des matières

Introduction : l’archéologie d’une ville en Amérique du Nord, les débuts de Québec
William Moss

La ville de Québec est l’objet depuis quelques années d’un nombre impressionnant de recherches sur des sites archéologiques majeurs. Ces recherches sont menées par des équipes d’envergure, qui se rattachent à différentes institutions, mais qui, tant individuellement que collectivement, ont généré des connaissances exceptionnelles sur le début de la période moderne dans le Nouveau Monde. Aussi, s’est-il créé un environnement de recherche unique au Canada, tant par le nombre des chercheurs impliqués et l’envergure des moyens mis en oeuvre que par la qualité des résultats. La plupart des rapports de recherche n’étant pas encore disponibles, en voici d’abord un aperçu.

Over the years, an impressive number of research programmes have been conducted on major archaeological sites in Québec City. These programmes have been implemented by large research teams affiliated with several institutions. Both individually and collectively, these initiatives have generated considerable new knowledge on the early modern period in the New World. They have also created a research context that is unique in Canada, not only because of the number of individuals involved but also the scale and quality of the results. This introduction gives a brief overview of these programmes, whose findings are generally published only in French.

Les environnements naturels de la région de Québec durant l’Holocène
Louise Filion, Martin Lavoie et Lydia Querrec

Dans la vallée du Saint-Laurent, les 10 000 ans qui suivirent la dernière glaciation wisconsinienne ont connu des changements géographiques et climatiques majeurs qui ont influencé la structuration des paysages végétaux. Les environnements holocènes de la région de Québec sont reconstitués à la lumière de données paléogéographiques, paléoécologiques et palynologiques. Les fluctuations du niveau marin relatif (NMR), surtout celles des derniers millénaires, ont retenu notre attention en raison de la position maritime de la ville de Québec. Les changements survenus dans la couverture végétale depuis l’installation euro-américaine découlent surtout du déboisement à des fins agricoles et, plus récemment, du développement urbain.

In the St. Lawrence River valley, the 10,000-year period following the Wisconsinian glaciation was marked by major geographic and climatic changes which influenced the development of plant communities. The Holocene environments in the Québec City region were reconstructed on the basis of palaeogeographic and palaeoecological data. Fluctuations in relative sea level (RSL), particularly in recent millennia, were of particular interest in light of Québec’s situation as a marine gateway on the St. Lawrence. Changes in plant cover since Euro-American settlement some 400 years ago are principally due to forest clearing for agriculture and, more recently, to urban development.


Une tentative échouée de coloniser la Nouvelle-France :
Cartier et Roberval à Charlesbourg-Royal au XVIe siècle


Charlesbourg-Royal et France-Roy (1541-1543) : le site de la première tentative de colonisation française en Amérique
Richard Fiset et Gilles Samson

Le site occupé par Jacques Cartier, lors de son troisième voyage au Canada, et par le sieur de Roberval a été découvert en octobre 2005. L’année suivante, le gouvernement du Québec initie des travaux qui, depuis juillet 2006, permettent de dresser un portrait préliminaire de la première tentative coloniale française en Amérique. Le site en révèle les premiers témoignages matériels, son environnement, son histoire et ses vestiges architecturaux, de même que des traces du contact avec les Iroquoiens du Saint-Laurent. Certaines hypothèses se dégagent en confrontant les données archéologiques, historiques et cartographiques disponibles.

The site occupied by Sieur de Roberval and Jacques Cartier (on his third voyage to Canada) was discovered in October 2005. The following July, the Québec government undertook a project that has made it possible to piece together a preliminary picture of the first colonization attempt made by France in North America. Archaeological excavations at the site have yielded evidence of its material culture, architecture, history and environment, as well as traces of contact with the St. Lawrence Iroquoians. Several hypotheses suggest themselves when the archaeological data are compared with the available maps and historic information.

La collection archéologique du site Cartier-Roberval (1541-1543):
témoignage unique d’un projet colonial français en Amérique
Hélène Côté

Les fouilles menées jusqu’à ce jour sur le site Cartier-Roberval ont permis la découverte d’artefacts reliés aux activités quotidiennes et aux travaux associés à l’exploration des ressources minières. Ils révèlent une société fortement hiérarchisée, ainsi qu’un ordre social et des modes de subsistance européens en terre d’Amérique. Enfin, bien qu’au stade préliminaire, l’examen de la céramique semble indiquer la présence d’un réseau commercial dont les ramifications s’étendaient du sud-ouest de la France jusqu’en Normandie pour aboutir dans les cales des navires en partance pour des missions commerciales ou d’exploration et de colonisation.

Excavations carried out to date at the Cartier-Roberval site have led to the discovery of artefacts related to everyday activities and mineral exploration work. These artefacts offer a picture of an extremely hierarchical society that transferred European social order and means of subsistence to North American soil. While still in the preliminary stage, the study of the ceramic artefacts suggests the existence of a trade route with branches stretching from south-west France to Normandy and along which goods were conveyed to the holds of vessels outfitted for commercial, exploratory and colonizing missions.

Du mythe vers la réalité : l’archéobotanique sur le site du fort d’en Haut Cartier-Roberval
Julie-Anne Bouchard-Perron et Allison Bain

La première tentative de colonisation officielle de la vallée du Saint-Laurent a été relatée par différents documents historiques. Ces écrits se voulaient une justification de l’entreprise de colonisation de Jacques Cartier et du Sieur de Roberval au Canada et sont avares de renseignements sur plusieurs aspects de la vie quotidienne des colons. La récente découverte et la fouille archéologique du site où ces explorateurs se sont installés en 1541‑1543 représente une excellente occasion de réexaminer ce projet colonial. C’est dans cette perspective que certains résultats de l’analyse archéobotanique réalisée sur le site sont ici présentés.

The first official attempt at settlement in the St. Lawrence Valley is recounted in a number of historical documents. These written accounts were aimed at justifying the colonization project of Jacques Cartier and Sieur de Roberval in Canada and provide little information on several aspects of the colonists’ daily life. The recent discovery of the site where these two explorers settled in 1541–43 and the subsequent archaeological excavation provide an excellent opportunity to reexamine their colonization project. It is from that perspective that this paper presents some of the results of an archaeobotanical analysis conducted at the site.


Gouverner la Nouvelle-France depuis le château Saint-Louis


Le fort et le château Saint-Louis à Québec : fouilles au cœur de la Nouvelle-France
Pierre Cloutier et Paul-Gaston L’Anglais

Champlain érige, en 1620, le fort Saint-Louis qui abritera la résidence des gouverneurs de la Nouvelle-France. Depuis 1975, certaines parties du fort et des jardins avaient été fouillées. De 2005 à 2007, Parcs Canada a réalisé la fouille systématique de 1 500 m2 des forts et châteaux Saint- Louis découvrant les fondations des châteaux et de larges segments des forts. Les vestiges des châteaux recouvrent le logis de Champlain, confirmant l’importance du choix du site. L’organisation défensive, adaptée à la configuration du site, fut révélée. Les collections d’artefacts, associées aux gouverneurs de la Nouvelle-France, expriment un lieu de pouvoir et de résidence.

The first of four forts called Fort Saint-Louis was built by Champlain in 1620. Since 1975, archaeological fieldwork has been conducted in these forts, which housed the residence of the governors of New France, and in the governors’ gardens. From 2005 to 2007, Parks Canada excavated 1 500 m2 of the Saint-Louis forts and châteaux, unearthing the châteaux’ foundations and large sections of the forts. The excavations showed that the chateaux’ remains rested on Champlain’s dwelling, confirming the importance of this spot, and that the defences were adapted to the topography. The artefacts reflect the site’s residential and governance roles.

L’origine du château Saint-Louis, résidence du gouverneur de la Nouvelle-France
Manon Goyette

Les fouilles archéologiques menées par Parcs Canada au Lieu historique national du Canada (LHNC) des Forts-et-Châteaux–Saint-Louis de 2005 à 2007 ont révélé les vestiges de la résidence officielle des gouverneurs généraux du Canada à l’époque coloniale : le château Saint-Louis. Au cours de son existence, cet établissement connut plusieurs modifications avant de devenir, à la fin du Régime français, l’un des monuments les plus prestigieux de la colonie. Les vestiges archéologiques démontrent que cette transformation s’est amorcée en continuité avec le mode d’implantation choisi à l’origine par Champlain en 1626, lequel semble s’inspirer d’une tradition architecturale du nord-ouest de la France.

Archaeological excavations by Parks Canada at Saint-Louis Forts and Châteaux National Historic Site from 2005 to 2007 unearthed the remains of the Château Saint-Louis, the official residence of Canada’s governors general during the colonial era. This building underwent several changes in the course of its existence and, by the end of the French regime, it had become one the colony’s most prestigious monuments. The archaeological remains show that the layout of the château and its secondary buildings followed from an earlier spatial organization model applied by Champlain in 1626 — a model derived apparently from an architectural tradition of northwestern France.

Regards sur le fort Saint-Louis et quelques ouvrages de fortification du XVIIe siècle mis au jour récemment à Québec
Jacques Guimont

Au cours de ses 400 ans d’histoire, la ville de Québec a subi cinq sièges. Si les premiers ouvrages de défense construits par Champlain avaient pour premiers objectifs de protéger la population de Québec contre les Iroquois, les ouvrages du système défensif de Québec allaient rapidement évoluer vers une défense issue d’une « conception de guerre de siège ». Ce type de défense avait pour but de contrer des adversaires autrement mieux organisés que les populations autochtones au plan de l’attaque des places fortes, soit les habitants des colonies anglaises et l’éternel ennemi, les Britanniques.

Québec City has sustained five sieges in its 400-year history. Although the first defence works built by Champlain were meant primarily to protect the population of Québec against the Iroquois, the settlement’s defence system soon evolved toward one based on the concept of siege warfare. Such a system was designed to thwart enemies that were much better organized at attacking fortresses than Aboriginal people were. In the case of Québec, the perceived threat came from the English colonies and France’s eternal enemy, England.


Administrer la Nouvelle-France depuis le palais de l’intendant


Le site du Palais de l’intendant : urbanisation de la basse ville de Québec
Réginald Auger, Daniel Simoneau et Allison Bain

Le site du Palais de l’intendant a fait l’objet de nombreuses campagnes de fouilles archéologiques depuis 1982. Durant les dix premières années, l’accent a été mis sur la brasserie du XVIIe siècle, le Palais de l’intendant et les Magasins du Roi. Lorsque le chantier-école de l’Université Laval est retourné sur le site en 2000, nous avons choisi une approche globale, plutôt que de concentrer nos efforts sur un bâtiment en particulier. Cette nouvelle orientation nous a permis de documenter l’évolution urbaine de cette partie de la ville de Québec qui témoigne d’une occupation continue depuis le milieu du XVIIe siècle.

Several archaeological field studies have been carried out on the Intendant’s Palace site since 1982. For the first ten years, research was concentrated on the 17th-century brewery, the Intendant’s Palace and the King’s Stores. When Université Laval’s field school returned to the site in 2000, it took a holistic approach rather than focusing on specific buildings. In so doing, it documented the urban evolution of this part of Québec City, which has yielded evidence of continuous occupation since the mid-17th century.

L’îlot des Palais : une évolution bonifiée, une genèse repoussée
Daniel Simoneau

Les investigations de l’équipe de M. Moussette sur le site du Palais de l’intendant dans les années 1980 avaient déterminé l’évolution physique et les activités caractéristiques de ce lieu depuis 1668. Comme préalable au projet de mise en valeur de l’îlot des Palais, la Ville de Québec et l’Université Laval ont entrepris en 2006 de compléter ces recherches. Outre les traces d’une présence préhistorique, on y a découvert une phase d’occupation historique inconnue à ce jour et antérieure à celle de la brasserie, possiblement celle du chantier naval que Talon mit en place à la rivière Saint-Charles vers 1666.

Archaeological investigations by M. Moussette and his field school team on the Intendant’s Palace site in the 1980s determined the site’s physical evolution and the activities pursued there since 1668. In 2006, the City of Québec and Université Laval launched another field study to complete the archaeological research prior to the implementation of a project to build a museum on the site. This study uncovered evidence of not only a prehistoric presence but also a previously unknown historic occupation predating Jean Talon’s brewery and associated perhaps with a shipyard established by Talon next to the Saint-Charles River around 1666.

Insectes, graines et mauvaises herbes sur le site du Palais de l’intendant : étude d’un paysage en évolution
Allison Bain, Julie-Anne Bouchard-Perron, Réginald Auger et Daniel Simoneau

Occupé intensivement à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle jusqu’à la Conquête britannique, le site du Palais de l’intendant renfermait également les Magasins du Roi, une brasserie, un atelier de construction navale et une boulangerie, en plus de bâtiments artisanaux. Le site s’est transformé, passant d’un environnement naturel de berges fluviales marécageuses à un complexe impressionnant de bâtiments représentant le pouvoir du roi en Nouvelle-France et le rôle prestigieux de l’intendant. Cette étude en archéologie environnementale porte sur la transformation du paysage et se base sur des recherches récentes en archéoentomologie, en archéobotanique et en dendrochronologie.

Used intensively from the latter half of the 17th century to the British conquest, the Intendant’s Palace site was also home to the King’s Stores, a brewery, a shipyard, and a bakery amongst other facilities. The site was transformed from a marshy riverside natural environment to an impressive complex of buildings representing the power of the King in New France and the prestigious role of the Intendant. This study in landscape transformation and environmental archaeology draws on recent research in archaeoentomology, archaeobotany and dendrochronology.


Habiter la Nouvelle-France


De première ferme en Nouvelle-France à premier institut religieux : le site du Séminaire de Québec au berceau de la ville
Daniel Simoneau

En 1991, le site du Séminaire de Québec, initialement le fief de Louis Hébert, fit l’objet pour la première fois de fouilles archéologiques complètes, s’inspirant alors de la grille des événements marquants et de l’évolution physique mise au point lors des recherches passées, à caractère surtout historique. Au fil des interventions réalisées jusqu’en 2002, il est apparu qu’une partie de cette séquence devait être remise en question : les maisons de Guillaume Couillard et de Louis Hébert n’étaient pas situées là où l’on croyait, pas plus d’ailleurs que le Petit Séminaire érigé par Mgr de Laval.

In 1991, the first full-fledged archaeological excavations were conducted on the Seminary of Québec site, which was originally the fief of Louis Hébert. The point of departure for this fieldwork was the sequence of major events and physical development established by previous research, which was mainly historical in nature. In the course of subsequent field studies, carried out until 2002, it became apparent that certain aspects of this sequence needed to be revised. Neither the houses of Guillaume Couillard and Louis Hébert nor the Petit Séminaire erected by Mgr. de Laval were situated where previously thought.

Un regard archéologique sur le port colonial français de Québec
Serge Rouleau

Les vestiges de la première devanture portuaire découverts à l’îlot Hunt sont mis en relation avec ceux provenant d’autres sites de la basse ville de Québec, ce qui permet de dresser une esquisse du port colonial français à travers les vestiges témoins des initiatives des marchands et des interventions des autorités coloniales. Ce développement est présenté en fonction de la trame urbaine et de l’environnement maritime caractérisant Québec. Les installations des marchands Lymburner fournissent un exemple de l’implantation d’équipements novateurs qui amorceront la disparition (ca 1775-1780) du front portuaire développé au cours du Régime français.

In this paper, the remains of the first harbour front discovered on the Îlot Hunt site are discussed in relation to those found on other sites in Québec’s Lower Town. Since these remains testify to the development initiatives of merchants and the actions of the colonial authorities during the French regime, they offer a profile of the French colonial port. Structures established during the British regime by merchants belonging to the Lymburner family provide an example of the kind of innovative facilities that inaugurated the disappearance (c. 1775-80) of the harbour front developed during the French colonial era.

Les battures du Saint-Laurent sur le site de l’îlot Hunt aux XVIIe et XVIIIe siècles : un dépotoir à ciel ouvert ?
Céline Cloutier

Cette recherche vise à documenter l’état des berges du Saint-Laurent dans la Basse-Ville de Québec aux XVIIe et XVIIIe siècles. Une étude détaillée des collections archéologiques a été entreprise afin d’évaluer l’impact des occupations euro-québécoises sur ces environnements naturels. Des échantillons de sol ont également permis d’étudier les macrorestes végétaux, les insectes et les parasites provenant de l’ancien littoral. A priori, nos données nous autorisent à croire que les plages du fleuve constituaient un véritable dépotoir à ciel ouvert aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’analyse de ces restes est cependant plus nuancée et témoigne des multiples fonctions de ces lieux, parfois publics, parfois privés, partagés entre des intérêts divers.

This paper investigates the state of the St. Lawrence riverbanks along Québec’s Lower Town in the 17th and 18th centuries. A detailed study of archaeological collections was undertaken to evaluate the impact of Euro-Québécois occupations on this natural environment. Soil samples were used to study plant macroremains, insects and parasites from the ancient shores. At first glance, the data seem to indicate that the beaches were used as a dumping ground during the period. However, the study of these remains gives a more nuanced picture, testifying to the area’s many public and private roles and the diverse interests it served.

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Version

Papier, PDF téléchargeable

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